À l’échelle de l’Europe et du bassin méditerranéen, la question migratoire demeure l’un des grands révélateurs de notre époque. Même lorsque les chiffres des arrivées évoluent, le débat public reste intense, car les migrations concentrent à la fois les fractures géopolitiques, les inégalités sociales, les crises humanitaires et la capacité des institutions à défendre concrètement la dignité humaine. La Méditerranée n’est plus seulement une frontière géographique: elle est devenue un seuil moral et politique où se mesure la qualité de la réponse européenne face à la vulnérabilité, à l’exil et à l’espérance.
Dans ce contexte, revenir à la figure de sainte Francesca Saverio Cabrini n’a rien d’un simple exercice de mémoire religieuse. Son histoire appartient à la grande saison des migrations italiennes vers les Amériques, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, lorsque des millions de personnes quittaient leur terre dans des conditions de grande précarité. Cabrini comprit très tôt que le migrant n’avait pas seulement besoin d’assistance immédiate, mais aussi de structures capables d’assurer protection, éducation, soins, accompagnement et intégration dans la société d’arrivée. Son œuvre montr...